« Les entreprises européennes ne respectent pas les droits de l’Homme au Guatemala »

mercredi 17 avril 2013 par Terre des Hommes France

Un communiqué de presse du Grupo Sur, dont Terre des Hommes France est membre, et de Aprodev, CIFCA et les Amis de la Terre Europe.

Communiqué de presse.

Bruxelles, le 17 Avril 2013. Avec l’objectif de dénoncer l’augmentation des violations des droits de l’Homme liées aux investissements européens au Guatemala, deux déléguées guatémaltèques du mouvement social autochtone et féministe ont rencontré le Parlement européen et le service européen pour l’action extérieure, demandant aux instances européennes que les droits de l’Homme redeviennent une priorité fondamentale dans leurs politiques et que ses membres répondent des actions de leurs entreprises.

Natalia Atz Sunuc, coordinatrice de CEIBA/ Amis de la Terre du Guatemala, a dénoncé, auprès du service européen pour l’action extérieure, le fait que les mouvements sociaux, les communautés locales et les défenseurs des droits humains critiques face aux projets miniers, soient criminalisés pour leur militantisme : " la persécution et l’emprisonnement mettent en place une politique de terreur et de répression similaire à ce que nous avons vécu dans les années 80. Actuellement, les paysans et nous, populations autochtones, sommes stigmatisés comme terroristes pour le simple fait d’essayer de défendre nos droits de manière pacifique ", affirme Natalia Atz Sumuc.

Dans ce contexte d’expulsions forcées et de remilitarisation, la violence sexuelle est utilisée contre les femmes comme méthode d’intimidation pour empêcher la participation de ces dernières à la défense de leur terre, a déclaré à la sous-commission des droits de l’Homme du Parlement européen, Paula del Cid, de l’association féministe La Cuerda, déléguée de l’alliance féministe du Guatemala.

En juin 2011, quarante parlementaires européens, de cinq groupes politiques différents, avaient déjà signalé cette situation à la Haute Représentante de l’Union Européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine Ashton, et aujourd’hui, deux ans plus tard, l’Union européenne ne s’est toujours pas prononcée publiquement sur ces faits.

Le projet hydroélectrique de la société espagnole, Hidralia Energie, à Santa Cruz de Barillas, est le parfait exemple des projets dits de développement qui se sont installés au Guatemala sans le consentement de la communauté locale, et c’est le principal responsable de la criminalisation des paysans et des populations autochtones de cette région. Cette société s’est établie au Guatemala après avoir été impliquée dans une affaire de corruption et de trafic d’influence en Espagne.

Depuis Bruxelles, les organisations de la société civile : les Amis de la Terre Europe, Aprodev, CIFCA et Grupo Sur, demandent à l’Union Européenne plus de cohérence dans ses politiques commerciales et d’investissement et dans ses engagements en matière de droits de l’Homme, car telles qu’elles sont, celles-ci facilitent l’entrée d’investissements européens sans mécanismes de contrôle qui seraient garants des droits humains. Dans le cas d’Hidralia, le gouvernement guatémaltèque tout comme le gouvernement espagnol, doivent assumer leurs responsabilités pour que les droits humains soient respectés, protégés, et mis en œuvre et que la population obtienne réparation pour les dommages causés.

Téléchargez le communiqué en pdf :

PDF - 351.7 ko
Communiqué de presse 17 avril 2013

Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 963981

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Français  Suivre la vie du site Comment faire respecter les DESC ?  Suivre la vie du site Agir auprès des multinationales   ?

Site réalisé avec SPIP 2.0.3 + AHUNTSIC | Webmaster : Zoul | Logo : www.laboiteapapillons.com

Creative Commons License