Le groupe anti-pauvreté demande au Président Benigno Aquino d’investir dans les services sociaux et de ratifier le traité des Nations Unies pour mettre fin à la pauvreté

Appel Mondial à l’Action contre la Pauvreté (Global Call to Action against Poverty : GCAP) des Philippines

vendredi 29 juillet 2011 par Bernardo D. Larin - PhilRights

Manille, Philippines

Pour beaucoup de gens la pluie est symbole de richesse, mais pour les Philippins qui vivent dans la rue, elle ne symbolise que le froid, l’humidité et les nuits sans sommeil, la faim au ventre. Armé de parapluies et prêt à affronter les pluies diluviennes, le groupe anti-pauvreté, Global Call to Action against Poverty (GCAP) des Philippines, demande au Président Benigno Aquino d’expliquer, s’il voulait dire que les Philippins se retrouveraient à la rue, quand il a déclaré que les Philippins ne souffrent plus de la pauvreté, lors de son allocution célébrant la fête de l’Indépendance le 12 Juin dernier.

Un Philippin sur quatre est pauvre. Sept Philippins sur dix sont sous-alimentés. Un enfant Philippin sur trois n’est pas scolarisé, et plus de 3,7 millions de familles nécessitent des logements convenables.

Comme le précise Erning Ofracio, représentant de la pauvreté urbaine et membre du comité exécutif de GCAP- Philippines, lors du lancement aux Philippines de la campagne mondiale sur la Ratification du Protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (ICESCR), « la liberté n’existe pas quand on est victime de la pauvreté/ assujetti à la pauvreté parce que tant que nous vivons dans la pauvreté, nos droits sont violés ».

« Les données officielles brossent un sombre tableau mais la réalité est encore bien pire » ajoute May-i Fabros, coordinateur de projet à GCAP ( Philippines) "parce que les statistiques officielles actuelles ne tiennent pas compte des secteurs invisibles - de ceux qui vivent dans la rue, des pauvres itinérants, des personnes déplacées au sein même du pays, et des autochtones dont les droits sont systématiquement violés".

Il y a 35 ans, Le gouvernement des Philippines a signé le traité des Nations Unies, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, ce qui les astreint à respecter, exécuter et protéger les droits fondamentaux des Philippins, entre autres, à l’alimentation, au logement, à l’éducation, à la santé, à un travail décent, et à l’autodétermination. Cependant, il n’a pas encore ratifié le protocole facultatif, dont la responsabilité financière dépend d’une procédure internationale, laquelle permettra aux Philippins d’exposer leurs doléances auprès d’un panel d’experts internationaux indépendants, une fois qu’ils auront eu recours à tous les moyens de droit en vigueur dans le pays et qu’ils auront été en désaccord avec le jugement prononcé par l’autorité judiciaire. Le protocole facultatif permet aux individus ou aux groupes de livrer bataille sur un autre terrain, afin d’obtenir un redressement judiciaire par rapport aux violations des droits de l’homme au niveau international.

« La pauvreté est à la fois la cause et la conséquence des violations des droits de l’homme, mais le scénario de l’aggravation de la pauvreté et des inégalités pourrait être inversé si un véritable programme anti- pauvreté était mis en place en ciblant les causes structurelles de la pauvreté, au lieu de solutions de fortune comme le programme conditionnel de transfert d’argent qui entretient la mendicité, ne profite qu’à peu de gens et ne se répercute pas au niveau des secteurs invisibles » a renchéri Fabros.

"Cependant, nous sommes d’accord avec le Président Aquino que les Philippins doivent se battre pour conquérir leur liberté, donc nous revendiquons notre droit à ne plus souffrir de la pauvreté et nous exigeons qu’il respecte son engagement de se battre pour nous et avec nous" a déclaré Ka Erning, « PNoy, signez le protocole facultatif au Pacte International relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, apportez des changements structurels avec la mise en place d’un réel programme anti-pauvreté qui ne soit pas distribué au compte-gouttes et qui nous permette de sortir de la pauvreté – investissez dans l’emploi et les services sociaux. »

« Si le Président Aquino est fidèle à sa promesse de lutter contre la pauvreté et la faim, alors il ne devrait pas craindre le protocole facultatif. En signant, il ouvre la voie menant à un gouvernement juste, sans corruption, responsable et transparent » a conclu Fabros.

Pour les bohémiens urbains qui vivent dans les rues de Manille, la pluie peut aussi ouvrir des perspectives. Si le gouvernement des Philippines ratifie le protocole facultatif au Pacte International relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, les voix invisibles finiront par se faire entendre.

Au cours de la campagne de GCAP ( Philippines) concernant la ratification du Protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, se tiendront des débats sur l’éducation, des évènements médiatiques, et un dialogue sur la politique du gouvernement. Les discussions relatives à l’éducation, intitulées à juste titre « Débats sur les Droits », les droits de l’homme et les problèmes afférents, ont commencé avec une vue d’ensemble du pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, le Protocole facultatif au pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, et le processus de ratification du 10 Juin dernier par le Professeur Virginia Dandan, ancien membre du Comité des Nations Unies relatif aux droits économiques, sociaux et culturels de 1990 à 2010, et Bernie Larin du Philippine Human Rights Information Center (PhilRights). Le prochain débat se tiendra le 29 Juin. Les autres sujets évoqués traiteront du droit à l’alimentation, la santé, l’éducation, un emploi convenable, l’éducation sexuelle liée à la reproduction ainsi que d’autres questions en lien avec la pauvreté. La campagne de GCAP (Philippines) sur la ratification du protocole facultatif est menée en partenariat avec l’organisation PhilRights et Amnesty International Philipinas.

Philrights Traduit de l’anglais par Elizabeth Pleiber


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