Philippines : la Commission des droits de l’Homme des Philippines encourage Gloria Macapagal-Arroyo à interdire les pulvérisations aériennes de produits chimiques

vendredi 12 février 2010

Mercredi 3 Février 2010

DAVAO CITY, Philippines – Le débat sur l’interdiction des pulvérisations aériennes de produits chimiques sur les plantations de bananes à Davao City et dans le reste du pays se poursuit : la Commission des droits de l’Homme (CDH) des Philippines incite la Présidente Macapagal-Arroyo à les interdire.

La CDH a demandé à la Présidente d’émettre un décret « entraînant l’arrêt des pulvérisations aériennes de pesticides aux Philippines, et réclamant de toute urgence la réalisation, par une équipe d’experts compétents sur le sujet, d’une étude intégrée indépendante, approfondie, multidisciplinaire, et assortie d’un échéancier précis.  »

La demande, signée par la Présidente de la CDH Leila de Lima et par 4 membres de la Commission, est la dernière action en date en vue d’arrêter ces pratiques.

Les acteurs de l’industrie bananière, et en particulier les membres du Pilipino Banana Growers and Exporters Association - PBGEA (Association philippine des exportateurs et des cultivateurs de bananes), se sont opposés à cet appel.

Une étude pragmatique

La CDH a déclaré qu’une « étude pragmatique » était nécessaire pour que le gouvernement propose des « solutions efficaces et durables aux problèmes environnementaux et de droits de l’homme liés aux pulvérisations aériennes de pesticides ».

Le PBGEA a déclaré à maintes reprises que l’interdiction des pulvérisations aériennes aurait des conséquences désastreuses sur l’industrie bananière, provoquant des pertes financières et une augmentation du nombre de chômeurs considérables. Selon le groupe, une transition des pulvérisations aériennes à des pulvérisations au sol ou manuelles serait trop coûteuse pour les sociétés bananières.

Le groupe a contesté la décision, prise par les autorités municipales de Davao en 2007, qui interdisait les pulvérisations aériennes. L’affaire est en instance à la Cour Suprême depuis que la Cour d’Appel a annulé une décision d’instance inférieure qui confirmait la constitutionnalité de l’arrêté municipal interdisant ces pratiques. La lutte contre les pulvérisations aériennes est menée par le Mamamayan Ayaw sa Aerial Spraying - MAAS (Citoyens contre les pulvérisations aériennes).

La CDH a expliqué que « les droits de l’homme sont au cœur du conflit sur les pulvérisations aériennes en raison des deux problématiques suivantes : d’une part, l’accès à un environnement propre et sain pour ceux dont les conditions de vie sont menacées, et d’autre part le droit des sociétés à faire des affaires et des profits, et l’impact d’éventuelles pertes sur le niveau de vie des travailleurs. »

« Les droits de l’homme et la protection de l’environnement sont étroitement liés. Le respect des droits de l’homme est rarement possible si l’environnement n’est pas protégé. En cas de dégradation environnementale, les droits de l’homme, et en particulier les secteurs les plus vulnérables, sont souvent violés. La préservation des ressources naturelles doit avoir une importance capitale dans le progrès économique et social, notamment grâce à des mesures efficaces pour empêcher une dégradation de l’environnement. »

L’appel de la CDH s’appuie sur la Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement, adoptée en 1992 par les Nations Unies, dont les Philippines sont signataires. L’appel pour l’arrêt des pulvérisations aériennes se base notamment sur le Principe 15, qui déclare : « En cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l’absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l’environnement. »

Tandis qu’une étude est menée sur les effets des pulvérisations aériennes sur les humains et sur l’environnement, la CDH déclare que les entreprises bananières doivent passer aux pulvérisations au sol, et ce quel qu’en soit le coût.

« Le respect des droits de l’homme ne doit pas être sacrifié au nom de la rentabilité », affirme-t-elle.

Autres recommandations

Autres recommandations de la CDH :

  • Prise en compte de l’étude dans son ensemble par le Congrès lors de la rédaction des futurs projets de lois et résolutions à ce sujet.
  • Examen de la situation par le Philippine Council for Sustainable Development (Conseil Philippin pour le Développement Durable) créé par les décrets 15 et 370, ainsi que par d’autres organismes spécialisés dans les domaines de la santé et de l’environnement.
  • Contrôle continu des pulvérisations aériennes de pesticides, tout particulièrement car celles-ci peuvent avoir des conséquences sur les droits de l’homme.
  • Mise à disposition à grande échelle, de façon indépendante et objective, d’informations sur les droits et les devoirs des personnes concernées afin d’assurer une bonne compréhension des tenants et des aboutissants et de faciliter le dialogue sur ces problèmes.

31/01/2010
Jeffrey M. Tupas, Inquirer Mindanao

Traduction : Audrey Hiard

Voir en ligne : Phil Daily Inquirer

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