Plus jamais !!!

jeudi 10 décembre 2009 par Bernardo D. Larin - PhilRights

Alors qu’aujourd’hui le monde entier marque le 61e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme (DUDH), l’organisation Philippine Alliance of Human Rights Advocates - PAHRA (Alliance philippine de défenseurs des droits de l’Homme) est exaspérée par les manœuvres et les tentatives éhontées de l’administration Arroyo pour éluder sa responsabilité concernant les violations des droits de l’Homme et pour se maintenir au pouvoir.

Tout d’abord, le massacre de Maguindanao ne serait pas arrivé si Arroyo n’avait pas « cajolé » les Ampatuans et manigancé avec eux et autres seigneurs de guerre locaux et leaders politiques à des fins électorales et autres. L’atmosphère d’anarchie et d’impunité utilisée comme justification de la loi martiale à Mindanao est une abomination que la présidente Arroyo a, elle-même, aidé à créer.

La culture de l’impunité et les violations des droits humains dont cette administration s’est rendue coupable étaient les fruits de deux thèmes liés et récurrents pendant les neuf ans du règne d’Arroyo : l’argent et le pouvoir.

Chaque fois que sa survie politique était en jeu comme lors des scandales Hello Garci et NBN-ZTE, la présidente Arroyo, avec ses consorts, n’a pas hésité à utiliser les armes de la répression pour étouffer la dissidence y compris en déclarant l’état d’urgence, en bâillonnant les médias et en interdisant les manifestations.

Pire, elle n’a pas non plus hésité à employer l’élimination physique de ses opposants politiques. Les meurtres et les disparitions de militants politiques, dénoncés dans les médias il y a plus de deux ans, sous prétexte d’une campagne anti-insurrection (Oplan Bantay Laya) continuent.

En 2007 et 2008, la Commission philippine des droits de l’Homme fait état de 142 cas d’exécution sommaire qui ont coûté la vie à 213 personnes, principalement des membres d’organisations du travail, de groupes militants et autres associations politiques. En 2008 également, la Commission a enregistré 44 cas de disparition les victimes étant des individus du même type que ceux qui ont été tués extrajudiciairement.

Inutile de dire que la plupart des scandales qui poursuivent Arroyo étaient en relation avec la corruption, qu’il s’agisse d’entreprises multimillionnaires comme dans le cas de NBN-ZTE, des projets ferroviaires du nord et du sud ou de « bricoles » comme le dîner extravagant et tellement arrogant au restaurant Le Cirque à New York.

Les pots-de-vin et la corruption sont aussi des violations des droits de l’Homme à cause de l’effet négatif qu’ils ont sur l’accès des populations aux services de base tels que la santé, l’éducation et le logement.

De plus, l’administration Arroyo, dans son empressement à satisfaire ses maîtres étrangers comme les États-Unis et les institutions financières internationales telles que le FMI et la Banque mondiale, a pris des mesures économiques et fiscales qui ont un impact débilitant sur les droits socio-économiques de la population.

Pendant des années, le service de la dette a englouti une part énorme du budget au détriment des dépenses et des investissements sociaux et de développement. De même, la tendance à la privatisation dans l’éducation, le logement, l’eau et autres nécessités a graduellement libéré le gouvernement de ses obligations à fournir ces services et a permis aux multinationales de faire des profits gigantesques.

Également, l’adhésion d’Arroyo aux dictats de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en ouvrant nos marchés agricoles et industriels à des produits subventionnés par les pays développés a mis en danger les moyens d’existence de nos fermiers, de nos travailleurs et de nos pêcheurs. De plus, ses efforts désespérés pour attirer des investisseurs étrangers, en particulier dans les industries extractives comme l’exploitation minière à grande échelle ont sapé le droit à des terres ancestrales et le droit à l’autodétermination des peuples indigènes et des communautés locales.

À l’évidence, le régime Arroyo a constamment piétiné les droits civils, politiques et socio-économiques de sa population pour ses propres intérêts politiques et économiques.

En ce jour, journée importante pour les droits de l’Homme, PAHRA appelle les Philippins à protester violemment ensemble contre les violations des droits de l’Homme et à relever le défi de mettre fin à l’impunité. L’étape la plus évidente est de s’assurer que Gloria Macapagal Arroyo ne se représente pas l’année prochaine et rende compte de ses infractions.

Enfin, nous devons faire des droits de l’Homme un important thème électoral pour les élections de mai 2010 et faire bien comprendre aux candidats que nous ne tolérerons plus jamais que des représentants du peuple bafouent les droits de l’Homme pour des intérêts personnels.

Mettons fin à l’impunité ! Défendons la dignité !

10 décembre 2009

Philippine Alliance of Human Rights Advocates - PAHRA
(Alliance philippine des défenseurs des droits de l’Homme)
Philippine NGO-PO Network for ESC Rights
(Réseau des ONG et organisations populaires philippines pour les droits économiques, sociaux et culturels)


Traduction : Lysiane André


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